Les mains et la respiration consciente

Par Alain Issalis

Alain Issalis, né le 7 février 1951 a été éducateur sportif en voile et en ski de fond, skipper en école de croisière, équipier de course au large.

Disciple de Monsieur Charbonnier, Alain a fondé son enseignement en ski de fond sur « l’observation et la suppression des comportements de réaction » qui empêchent le geste juste.

Suite un accident de ski à 42 ans, l’apprentissage du Mei-Hua-Zhuang sauve son dos accidenté. Un art martial qu’il enseignera pendant 10 années à La Rochelle avant de devenir Géobiologue. Il se consacre maintenant à la transmission de son savoir sur le lien entre les mains et la respiration à travers des conférences et son livre « Les mains sont les clés de la respiration consciente ». 

Les mains sont les clés de la respiration consciente

Une position précise donnée aux mains dirige l’air qui pénètre dans les poumons vers un des trois segments des bronches. A chaque segment correspond un étage respiratoire : diaphragmatique, costal ou claviculaire.

Ce lien permet d’être davantage conscient de sa respiration à tout moment dans sa vie. 

Être conscient de la position de ses mains amplifie sa respiration

Ce ressenti est immédiat et universel.

Je parle de la respiration thoracique ou pulmonaire.

La respiration thoracique assure le développement des 600 millions d’alvéoles pulmonaires. Il est lié à la mobilité de la cage thoracique. Ample, elle permet à un maximum d’air d’entrer dans les poumons et d’oxygène de passer dans le sang et donc d’optimiser la respiration cellulaire, la circulation du chi, du prâna…

Respirer par le ventre, les pieds, les mains, sentir l’air qui entre et sort par le nez etc… Ces instructions mentales, si elles ne sont pas accompagnées de la recommandation de porter d’abord son attention aux mouvements de la cage thoracique, limitent l’amplitude de la respiration et l’action des 600 millions d’alvéoles pulmonaires.

Seuls les mouvements du thorax disent l’amplitude de la respiration. 

Mains et cerveau

Les mains occupent environ 1/4 des aires motrices du cerveau.

Pour les neuro-physiologistes, les mains sont une des voies d’accès au cerveau préfrontal, la partie du cerveau qui permet de se projeter dans le futur et d’élaborer des projets.

Comme l’écrivent Emmanuelle Volle et Richard Levy Université Pierre et Marie Curie-Paris 6: ” L’adaptation du comportement humain aux situations nouvelles ou complexes dépend des propriétés anatomiques, physiologiques et fonctionnelles du cortex préfrontal (CPF) et de ses interactions avec d’autres régions. 

La robotisation puis maintenant l’avènement de l’IA (intelligence artificielle) nous privent, chaque jour davantage, de l’usage de nos mains. Les gestes deviennent stéréotypés, répétitifs. Leur appauvrissement diminue les connexions vers les aires préfrontales de notre cerveau.

Lien entre la position des mains et la respiration

Le ressentir

Il est préférable pour ces premiers exercices d’être debout. Une fois que vous aurez intégré ces ressentis peu importe que vous soyez debout, allongé, assis ou dans une autre position. C’est un fait indépendant de sa position corporelle.

Soyez juste attentifs aux mouvements de votre thorax.

Les mains ouvertes, les doigts sont détendus mais les phalanges restent souples, ne raidissez pas vos doigts.

Prenez votre temps.

Ressentez….ressentez…votre thorax, sa mobilité, la seule consigne importante…

Prenez votre temps pour asseoir vos ressentis

La même consigne mais cette fois, les mains fermées en plaçant les pouces

sur les majeurs.

Mêmes consignes mais avec le pouce dans le creux de la main. Les autres doigts repliés par-dessus.

Quel étage est activé lorsque vous avez les mains :

 – ouvertes

– fermées avec le pouce sur le majeur

– fermées avec le pouce dans le creux de la main

Il est possible que vous n’ayez pas le ressenti juste avec une ou deux des positions de mains.

Cela signifie simplement que l’étage respiratoire considéré est, pour l’instant, chez vous, peu actif. Ou qu’il y a des tensions freinant son expression.

Les résultats

La position des mains ouvertes : elle est activatrice de la respiration basse ou diaphragmatique. Souvent appelée à tort respiration ventrale.

La position des mains fermées, pouce sur le majeur : elle est activatrice de la respiration costale ou médiane.

La position des mains fermées, pouce dans le creux de la main, doigts repliés par-dessus : elle est activatrice de la respiration supérieure ou claviculaire.

Les trois sont importantes et chacune a une action différente :

– la respiration diaphragmatique favorise le calme, la confiance en soi et l’enracinement.

– la respiration thoracique est source de dynamisme, d’ouverture du cœur.

– la respiration claviculaire améliore la réflexion

La respiration des trois étages 

Pratiquer les « trois étages » de la respiration de manière équilibrée ouvre à une harmonie. Pour unir les trois étages on utilise la position des mains jointes ou des mains les doigts croisés.

 

 

 

 

 

 

Les respirations inconscientes auxquelles nous sommes le plus souvent «soumis»

Elles sont gérées par le système nerveux autonome, il y a :

a) La respiration réflexe inconsciente. Elle active principalement le segment moyen des bronches donc la respiration costale ou médiane. Dans ce segment, n’est active que l’amplitude respiratoire utile à un moment t pour nous maintenir dans un état de conscience nous rendant apte à réaliser à minima les tâches qui nous incombent. Et parfois nous prenons une grande respiration pour pouvoir continuer notre tâche.

b) La respiration liée à un stress intense. L’air est bloqué dans les segments supérieurs, droit et gauche des bronches. Une courte apnée se déclenche inconsciemment. Le corps se tend en lien avec ce blocage de la respiration.

c) La respiration de rumination mentale. Elle reste entre l’étage respiratoire supérieur et médian. Elle ne parvient ni au dynamisme de la respiration médiane ni à la clarté d’esprit de la respiration claviculaire activées consciemment par les positions de mains correspondantes. Comme si la rumination bloquait l’accès à ces qualités. Elle créé également la respiration inversée. Une position des mains prise consciemment vers l’étage médian ou supérieur permet de dépasser cet état.

Les 8 avantages de réveiller ces connexions entre les mains et la respiration

1° -Permet de percevoir simultanément sa respiration et l’ensemble de son corps en une seule respiration.

2° -Amplifie la respiration de l’étage rendu le plus actif.

3° -Permet de choisir suivant ses besoins la respiration diaphragmatique, costale ou claviculaire. 

4°- Nous place dans l’observation silencieuse de nous-même et de notre respiration. Détaché(e) peu à peu de notre histoire personnelle (ou la maîtrisant) et de la conscience collective.

5° – Dynamise sa réflexion au quotidien et sa créativité.

6° – Facilite l’accès à ses capacités extrasensorielles, le filtre du mental n’étant plus là pour y faire barrage.

7° – Donne une profonde connexion à ses mains. Vivons nos mains, soyons-y attentifs, utilisons-les pour le bien et le beau, elles sont le garant de notre santé mentale et physique.

8° – Renforce la pratique lors des respirations de type Wim Hof, de la cohérence cardiaque ou de toute autre respiration ne passant par une recommandation projetant le mental ailleurs que sur les mouvements de la cage thoracique.

La conscience de notre respiration finit par nous accompagner en continu, se recentrer dessus est quasi immédiat. Il se forme, en chacun qui entre dans cette simplicité, une boucle rétroactive : présence à mes mains, conscience de ma respiration et vice-versa…

Faîtes-le maintenant : prenez une des trois positions de mains déjà vues : soyez conscient de leur position et associez-y la sensation à l’étage correspondant.

Rentrez dans le silence qui accompagne cette concentration sur vous-même. Vous percevez que :

– C’est immédiat

– C’est reproductible à tout moment.

Nous pouvons en toutes circonstances nous retrouver ainsi dans une présence accrue à nous-même, à travers la conscience de la position de ses mains et de sa respiration.

Réflexions sur la place des respirations conscientes dans nos vies

L’être humain n’est pas comme un algorithme qui réinitialise les fonctions de filtre d’un logiciel en une unité de temps à peine mesurable tant sa vitesse est grande. Il a à s’exercer pour dépasser les contraintes qu’il s’est imposé (de l’intérieur) ou a accepté qu’on lui impose (de l’extérieur) mentalement au fil du temps. Il s’est créé, par ces faits, des tensions musculaires limitant les mouvements du thorax (l’axe du thore).

Jusqu’à présent la respiration dite ventrale (en fait diaphragmatique) est présentée comme la panacée, la respiration à privilégier.

Tant que n’était pas établi le rapport entre position des mains et respiration consciente étage par étage, cela semblait la vérité.

Respirer par les autres étages, claviculaire et thoracique, était très souvent présenté comme un signe de tensions, de stress. La pratique du zen a fini par introniser la respiration ventrale comme la référence.

Quelques écoles n’ont pas suivi : principalement le phosphénisme, le docteur LEFEBURE a défini et je reprends son expression la respiration claviculaire comme la respiration qui ouvre les « Portes de l’Esprit » et certaines écoles de yoga.

Chaque étage respiratoire a son importance. L’étage diaphragmatique ou à tort ventral est aussi important que les deux autres étages, mais pas plus. 

En conclusion : osons

SIMPLEMENT PRATIQUER et RESSENTIR.

OSER un verbe magnifique.

Mon chemin initiatique sur la respiration est jalonné par le livre « Les mains sont les clés de la respiration consciente » que vous trouvez en format pdf sur mon site : https://www.respirationconsciente.net/

Merci

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